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La Bhagavad Gîtâ
Le Figuier Sacré

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          Le  Bienheureux Seigneur dit :
 

      1  On parle d’un figuier sacré impérissable dont les racines sont en haut et les branches en bas, dont les feuilles sont les versets védiques. Celui qui le connait, connait Ie Veda.

 

      2  Ses branches s’étendent vers le bas et vers le haut ; elles croissent à partir des qualités, ont les objets sensibles pour bourgeons. Vers le bas ses racines, entrainées par Ie lien des actes, se prolongent dans le monde des hommes.

 

  3-4  On ne perçoit pas ici-bas sa forme ainsi décrite, non plus que sa fin, son commencement ou sa croissance. Quand, au moyen d'un instrument tranchant — le détachement — on a coupé le figuier sacré aux racines complètement poussées, il faut ensuite rechercher ce lieu d'où, quand on l'a atteint, on ne revient plus (en disant) : « Je me confie à la Personne primordiale, de qui est émanée l'antique impulsion créatrice. »

 

     5  Affranchis de l'orgueil et de l'illusion, victorieux du vice de l’attachement, toujours préoccupés du Soi, ceux qui se sont débarrassés des désirs, délivrés des couples des contraires — plaisir, douleur, etc. — accèdent à l'Immuable.

 

     6  Ni le soleil, ni la lune, ni le feu ne l'éclairent, ce lieu, d'où l'on ne revient pas quand on y est parvenu : c'est mon suprême séjour.

 

     7  Une partie de moi-même — éternelle —, devenue un vivant dans le monde des vivants attire à soi les sens (dont le sens interne est le sixième), et qui sont inhérents à la nature naturante.

….

   16  Ces deux principes spirituels sont dans le monde : le périssable et l'impérissable. Le périssable, ce sont tous les êtres. Celui qui se tient au sommet, on l’appelle l’impérissable.

 

   17  Mais il est un autre principe spirituel, suprême, appelé le soi souverain, qui, pénétrant les trois mondes, les soutient, lui, le Seigneur immuable.

 

   18  Puisque je dépasse le périssable et que je suis aussi suprême par rapport à l'impérissable, pour cette raison, on me célèbre dans le monde et dans la Veda comme la Personne suprême.
 

   19  Celui qui, libre d'égarement, me connaît ainsi comme la Personne suprême, celui-là, omniscient m'adore de tout son être, ô Bhâratide!

 

   20 Tel est l'enseignement très secret que je viens de te donner, ô sans tache! quand on a compris cela, on accède à l'éveil et l'on a accompli sa tâche, ô Bhâratide!

 

         La Bhagavad Gîtâ, Chant XV (extraits), traduit du sanskrit par Anne-Marie Esnoul et Olivier             Lacombe, Éditions du Seuil, Paris, 1976.